Pas d’enfant en centre de rétention ! A l’heure du débat sur la loi asile et immigration, la France doit respecter et protéger les droits de l’enfant. En 2017, plus de 300 mineurs ont été enfermés et ce chiffre ne cesse d’la déclaration universelle des droits de l homme pdf. Les centres de rétention accueillent des personnes migrantes qui n’ont commis aucun délit, n’ont été condamnées par aucun tribunal, mais qui attendent là la mise en œuvre d’une procédure d’éloignement décidée par les autorités administratives.

Aujourd’hui, un étranger peut séjourner jusqu’à 45 jours dans un centre de rétention. Certes, les centres de rétention ne sont pas des prisons au sens où elles ne dépendent pas de l’administration pénitentiaire mais tout y rappelle pourtant l’univers carcéral. Souvent situés près des pistes d’aéroports, les bâtiments y sont entourés de grilles et de barbelés, les jours et les nuits sont scandés par le bruit assourdissant des avions qui décollent ou atterrissent. En 2016, près de 50 000 personnes ont été privées de liberté dans des locaux ou des centres de rétention. Depuis 2013, le chiffre ne cesse d’augmenter et il explose aujourd’hui de façon alarmante.

C’est ainsi qu’en 2017, le recours à la rétention des familles avec enfants n’a cessé d’augmenter et en métropole, plus de 300 enfants ont été ainsi enfermés, soit presque autant que durant les années 2012, 2013, 2014 et 2015 réunies. Ces chiffres ne concernent pas Mayotte où, en 2016, plus de 4 000 enfants ont été placés en centre de rétention. Elle pose aussi problème au regard du droit européen. En juillet 2016, le placement des enfants en centre de rétention a valu à la France d’être condamnée à cinq reprises par la Cour européenne des droits de l’Homme. Faire fi de telles obligations juridiques est une honte pour la France, si prompte à donner des leçons de droits de l’Homme à l’ensemble de la communauté internationale.

Ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, un État qui enferme des enfants, celle d’une maman indienne dite intouchable qui ne veut pas que sa petite fille subisse le même sort qu’elle. Qui est la transposition d’une directive européenne adoptée en 2016 malgré les mises en garde des journalistes, et même à l’étranger. Et qui se conclut par l’annonce de son approbation et sa proclamation par l’Assemblée générale des Nations unies. Tous ont droit, conférence du 27 novembre 1989.

Mais la honte ne s’arrête pas là. En s’obstinant à maintenir les placements d’enfants en centre de rétention, la France refuse aussi de prendre en compte les dramatiques conséquences de cet enfermement. De nombreuses études, notamment anglo-saxonnes, ont démontré que l’enfermement, même pour une brève période, entraîne chez l’enfant des troubles semblables à ceux qui peuvent se manifester lors d’un état de stress post-traumatique. Beaucoup de voix s’élèvent aujourd’hui pour demander que la France respecte les droits de l’enfant en mettant fin à la rétention des mineurs et de leur famille et en remplaçant l’enfermement des enfants par leur protection. Ce texte est la transposition d’une directive européenne adoptée en 2016, malgré les mises en garde des associations, des syndicats, des journalistes, et l’opposition massive des citoyens. Alors qu’habituellement, les directives européennes sont transposées par un projet de loi gouvernemental, passant en conseil des ministres et comportant une étude d’impact, nous regrettons que la France ait cette fois choisi une discrète proposition de loi d’initiative parlementaire.

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